Le secret des familles heureuses

«….et toutes ces plaisanteries que nous étions seuls à comprendre, qui sont le code secret des familles heureuses», écrivait Vladimir Nabokov dans Autres rivages.

Jouer avec les enfants génère une quantité industrielle de rires, de plaisanteries et de bons moments à partager pendant des années. C’est connu: le jeu entre parents et enfants cimentent la vie familiale.

Or, on me rapportait dernièrement qu’à la question : «Combien d’entre vous jouent réellement avec leurs enfants?» Deux couples seulement sur dix ont levé la main. Le psychologue a secoué la tête de dépit: «Pourtant, a-t-il dit, c’est l’exercice le plus efficace pour garder la forme physique et mentale.»

Le commentaire peut paraître exagéré, mais quand y pense, il est plein de bon sens. Avez-vous déjà essayé de suivre vos enfants dans leurs jeux? Cela demande énergie, résistance, souplesse physique et un bon sens de l’adaptation. Bref, jouer avec les enfants nous empêchent de vieillir trop vite.

Si vous faites partie de la majorité des parents qui ne jouent jamais avec leurs enfants, non seulement vous ratez un exercice physique et mental efficace, mais vous passez à côté de moments inoubliables.

Les enfants se rappellent peu des cadeaux matériels, mais oublient rarement les beaux moments passés avec le père ou la mère.

En guise de cadeau de Noël l’an dernier, mon fils de 24 ans m’a emmené voir un concert rock, celui de Dream Theater. Dans la carte de souhaits il avait écrit : «Un autre beau moment à passer avec son père.». Récemment, après une journée à déambuler dans les quartiers de Montréal, il m’a dit : «Merci papa pour la journée.»

Vous avez peu de temps pour jouer avec les vôtres? Dites-vous que ce n’est pas le nombre d’heures consacrées à jouer avec les enfants qui prime, mais la profondeur de votre attention. Vaut mieux quinze minutes par jour et «être tout là» qu’une heure à jouer avec eux, le téléphone intelligent dans une main et le regard ailleurs.

Vous êtes plutôt casanier? Ou le budget ne vous permet pas de grandes virées à l’extérieur? Observez bien votre propriété et vous serez surpris de tout ce qu’elle peut vous offrir en matière de jeu et d’espace de jeu.

Voici des exemples.

Invitez vos enfants à dresser une tente au milieu de la salle de séjour, au sous-sol ou dans leur chambre. Juste le fait de la monter ensemble, c’est déjà gros. Ensuite, les enfants dormiront sous la tente des nuits entières jusqu’au jour où ils s’en lasseront. N’oubliez pas les lampes de poche qui serviront aussi à jouer à la cachette dans le noir. Les personnes souffrant de malaise cardiaque, prière de vous abstenir.

Les jeux vidéo vous passionnent? Invitez vos enfants à s’asseoir près de vous et prenez le temps de réaliser avec eux un projet de construction en jouant à Sim City.

Sinon, les blocs Lego ont toujours la cote. La fille de ma copine construit encore des maisons avec des Lego. Son âge? Trente ans. Il n’y a pas d’âge pour jouer aux Lego.

L’automne approche avec ses pluies parfois diluviennes. Chaussez vos bottes de pluie et emmenez vos enfants creuser des rivières, des lacs, des étangs dans la cour arrière après des journées de fortes pluies. Le plaisir d’exploiter la force motrice de l’eau, de faire dévier le courant, de faire flotter des objets est sans limite pour un enfant. Je l’ai fait mille fois avec fiston et il m’en parle encore.

Notre petite-fille Emy a deux ans et demi. Nous venons de passer le congé de la Fête du travail ensemble. Quel était son jeu préféré? Jouer à la cachette. Elle se cachait toujours au même endroit, sous la table de la cuisine. Pas grave, on a bien ri.

Elle adore aussi chanter et danser. Le salon se transforme à l’occasion en salle de spectacle. Dans ces temps-ci, elle chante Alouette avec des mimiques qu’on lui montre. Le mois dernier, c’était Il était un petit navire. Si vous avez besoin d’aide, YouTube regorge de chansons et comptines pour enfants. Un soir nous avons tenu une séance de danse en ligne pour adulte. Emy a tenté de nous suivre avec la persévérance et le sérieux de ses 2 ans. Ses éclats de rire mélangés aux nôtres résonnaient dans la maison.

Une fois, je l’ai mise debout sur une chaise, elle a posé sa main à plat sur la table et j’ai dessiné le contour avec un crayon de couleur. «Encore», répétait-elle. Elle m’a tenu une demi-heure. De retour chez elle, elle a couru après sa mère pour jouer pour continuer le jeu.
Sinon, on s’assoit ensemble devant le frigo et on s’amuse à créer des mots avec des lettres mobiles et colorées. J’ai l’impression que nous en aurons pour longtemps avec ce jeu.

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